vendredi 2 mai 2008

L’attente

Pourquoi l’attente dans les jeux se révèle parfois très intéressante ?

Pourquoi lancer la construction d’un vaisseau qui prendra une semaine est aussi addictif que placer un gâteau dans le four, qui va cuire pendant plusieurs heures ?

En quoi cette attente est-elle aussi agréable ?

Peut-être parce qu'elle est maîtrisée, elle nous rassure à propos d'un futur plus ou moins proche, à propos d'une échéance que l'on connaît. On savoure un certain plaisir pendant cette attente, le plaisir de savoir que ce que nous attentons va arriver. C'est un plaisir masochiste je pense. On essaye inconsciemment de faire durer le rêve, on le savoure encore un peu jusqu'au moment tant attendu.

Nous avons besoin d’objectifs pour avancer. Savoir que l’on va réussir est rassurant. Lorsque l’on connaît une issue heureuse proche, on est généralement impatient, apaisé quoi qu’il arrive, par la confiance.

Je ne pense pas avoir totalement compris pourquoi. Il faudra que je trouve.

7 commentaires:

Ygard a dit…

Oh, oui, c'est ca, c'est exactement ca, parfaitement masochiste.

(bon, je vais mettre une petite référence pour faire cultivaté)
Bernard Werber défini le masochisme comme
"la crainte d'une événement douloureux a venir. Le masochiste a compris qu'une façon de réduire cette peur est de provoquer lui-même l'événement pénible"
Bon, évidement, la ce n'est pas vraiment pénible, mais c'est aussi une manière de "maitriser le futur"

Savoir une issue heureuse... ou malheureuse, est toujours plus apaisant.
Pour ceux qui se souviennent du lycée , j'ai toujours trouvé plus agréable d'abandonner a l'avance un exposé, plutôt que de rester dans l'angoisse horripilante a s'imaginer en train de bafouiller devant 30 autres bananes.
Ça aussi, c'est un moyen de maitriser sa vie.

enfin voila, c'est ben vrai tout ca

bondpluscolere.com a dit…

Elle est encore plus jouissive quand son résultat est en danger.

Le roaming prend une autre dimension quand y a un Titan ou ne serait-ce qu'un MS dans le four :) .

lichen a dit…

Oui, mais ça n'a aucun rapport.

Je parle justement du fait qu'il est intéressant d'attendre lorsque l'on connaît un résultat certain.

Tu nous parles de danger, de risque. C'est complètement différent.

Ygard a dit…

(zut, j'ai encore dit n'importe quoi?)
Hum.. mOui, un résultat certain..
Bah, je suis d'accord avec ton analyse ^^

non seulement, pendant l'attente, on apprécie le "rêve" de ce que l'on va obtenir, image agréable, voir idéalisée.
mais une fois que l'attente se résout, on s'expose a la déception de ce qu'on aura "longtemps" révé.. ce qui rend l'attente d'autant plus agréable par comparaison.

Koka a dit…

Est-ce l'attente qui est agréable ou l'action déclenchant cette attente (et qui dure jusqu'à sa résolution) ? Est-ce de l'impatience (comme à Noël) ou de la satisfaction (du travail accompli) ?

lichen a dit…

Un peu de tout cela je pense Koka. C'est intéressant ce que tu dis, je n'ai pas encore trouvé de réponse.

Ainex a dit…

Pour moi, il y a ici confusion entre deux procédures différentes :

Le gâteau ,qui est dans le four, produit un effet de plaisir seulement parce qu'on sait que le gâteau va être prêt.
On appelle cela l'anticipation ou le conditionnement.
Cela est facilement démontrable par différentes expériences, la plus connue est celle de Pavlov sur les chiens mais d'autres ont été réalisé sur l'homme.
Pour résumé leurs résultats, on a remarqué que le plaisir se produit avant l'action même sencé produire le bonheur; la procédure précédent l'action suffisait à donner un premier plaisir pouvant même dépasser le plaisir de l'action.

Pour reprendre l'histoire du gâteau dans le four, ce qui produit le plaisir, c'est l'anticipation à manger le gâteau plus tard. La procédure (la cuisson) produit déjà un plaisir qui peut même aller au-delà de l'action (manger le gâteau).
Dans le-même cas, si vous êtes dans un supermarché, vous pouvez avoir ce même phénomène de plaisir. En regardant l'emballage, vous anticipez déjà l'action de la manger. C'est donc aussi pourquoi, l'emballage est si important dans la publicité.

Mais ce n'est pas du tout comparable à l'idée de construire un vaisseau pirate pendant des journées entières dans une bouteille.
En effet, même si le facteur d'anticipation entre en jeu, ce n'est pas réellement cela qui donne la majeur partie du plaisir.
Car, en lui-même, une maquette de bateau, ce n'est pas très utile; il ne produit aucun goût gustatif ou de confort.
Cette fois, le plaisir est peut-être dans la manière d'exister.
N'oublions pas que nous sommes une espèce étroitement communautaire. Nous avons besoin de l'autre pour survivre. Avoir des amis est aussi important d'avoir de bonne connaissance intellectuelles et être équilibré physiquement.
Faire quelque chose de long et fastidieux et le réussir, c'est surtout pour prouver à l'autre (aussi à soi-même mais à une plus petite mesure) qu'on a les compétences de le faire.
Que se soit un effort de patience, intellectuel, physique, c'est aussi le regard de l'autre vis à vis de l'autre qui est le but.

Ce plaisir là, c'est celui qui s'intègre bien avec celui du MMO. Dans ce genre de jeu, on peut voir que pleins de défies, d'objectif plus durs les uns que les autres apparaissent.
Le niveau 200 en était un dans Dofus, mais c'est aussi d'autres objectifs qui peuvent même sortir complètement de la compréhension purement logique. Certains font des records idiots tel que le plus haut cercle à Incarnam (je crois qu'en ce moment, la personne la plus haute est au niveau 83...). On peut même faire une analogie avec les records IRL qui sont aussi presque idiot dans leur cas... La plus grande pizza, le plus long crachat... Tout pour attirer le regard de l'autre et montrer au monde qu'on existe. Ce n'est pas forcément négatif, c'est presque normal.

Mais s'affiche aussi différents paradoxes, comment peut-on expliquer ,que ces gens qui essayent d'attirer l'attention, sont aussi anonymes que quiconque derrière leurs pseudonymes ? On a besoin de se sentir exister, mais pas forcément connu. Si on se sent reconnu par le travail qu'on a accomplie, on se sent exister et donc heureux. Faire un travail qu'on fait bien et où on se sent aimé par quelques uns, pas forcément tout le monde, mais par ses amis, c'est une source de satisfaction.
C'est aussi ce qui explique la fameuse crise du "je n'ai foutu dans ma vie" pour certain à la fin de sa vie. Car ils n'ont pas l'impression d'avoir fait ce qui était un de leur objectif les plus importants : être reconnu en tant que quelqu'un qui a fait quelque chose.

Je semble être partie en hors-sujet, mais je pense que c'est tout autant à l'intérieur de ce qui est en question ici, que cela peut expliquer d'autres phénomènes tout aussi important.
Pour vous le prouver, comparons le MMo et le jeu simple solitaire.
Un jeu solitaire, on remarquera beaucoup moins " je vais aller jusqu'au niveau maximum" si il n'y a pas de proche à qui montrer ses résultats après.
Un des secret de Pokémon était dans ce concept là, attraper tous les pokémons, c'est l'objectif du jeu. Et pour avoir le respect de ses amis, on essayait de les réunir.

Pour conclure, cette article posait des questions sur les raisons qui donnent l'envie au joueur de vouloir faire quelque chose de long et fastidieux mais tout de même avoir du plaisir. Ce plaisir est ressentie puisque
à chaque niveau, on se sent devenir de plus en plus estimable et donc exister aux yeux des autres.
Ce plaisir nous pousse à continuer encore et encore jusqu'au maximum et atteindre l'apogée : le nvl 200.

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